Débutants

Débuter en aquariohilie

HISTOIRE VÉCUE

 » Maman, maman ! regarde ce que j’ai gagné en allant à la foire avec Papy ! « 
Et Florence de montrer un minuscule sac en plastique contenant quelques cm³ d’eau dans laquelle un malheureux poisson rouge, au bord de l’asphyxie, les nageoires en lambeaux, semblait dire  » Sauvez-moi, sauvez-moi « .

 » Mais où vas-tu mettre ce malheureux ?  » dit la mère.

 » Je sais, Maman, à la friterie de la place Saint-Job, j’ai vu qu’ils utilisaient de grands bocaux pour la mayonnaise, je vais leur demander s’il n’y en a pas un qui est vide ! « 

Dix minutes plus tard, Florence, toute radieuse, ramène un bocal d’environ un litre et demi, le rince en vitesse, le remplit d’eau, y introduit le Carassius auratus, (c’était son nom), et place le bocal devant la fenêtre de la pièce de séjour, pour que le poisson puisse bien profiter du soleil. Aussitôt elle y verse la moitié d’un échantillon de daphnies qu’elle avait reçu du forain. Ah oui, il ne faut pas qu’il ait faim le nouveau locataire !
Hélas, après deux jours, le malheureux avait rendu l’âme dans son eau devenue trouble et glauque.

Voilà comment certains croient faire de l’aquariophilie. J’appelle cela de la bocalophilie ce qui inévitablement conduit à la catastrophe.

L’AQUARIOPHILIE, la vraie, est un passe-temps qui permet de s’instruire dans divers domaines : la biologie des poissons, leur mode vie, de reproduction, la botanique des plantes aquatiques, la chimie : le cycle de l’eau, de l’azote, la géographie par la localisation des milieux d’origine des poissons, et même un peu de latin car c’est la langue utilisée pour désigner nos pensionnaires. Autre intérêt d’un aquarium : il humidifie l’air de nos appartements souvent trop sec.

QUE FAUT-IL FAIRE ?

Si vous avez l’intention d’installer un aquarium, un minimum de connaissances est indispensable, commencez donc par vous informer. La lecture est la première possibilité, les livres ne sont pas bon marché, mais il y a les bibliothèques, les bouquineries ou encore les brochures de vulgarisation éditées par les fabricants de matériel et généralement disponibles gratuitement dans les magasins d’aquariophilie. Vous pouvez bien sûr vous inscrire dans un club d’aquariophilie, ils disposent en général d’une bibliothèque bien fournie, c’est le cas au VELIFERA. Internet est aussi une source de renseignements inépuisable.

Votre décision est prise :  » J’installe un aquarium chez moi ! « 

Il faudra faire des choix :
(Ce qui suit concerne l’aquarium d’eau douce, ou continentale pour les puristes).

QUELQUES CONSEILS

LE CHOIX DES POISSONS :

On ne les met pas tous dans le même sac !
Le choix doit être fait avec minutie pour éviter incompatibilités, bagarres et déboires. Le critère de la beauté ne doit pas être le seul à prendre en compte. De judicieux conseils vous seront nécessaires.

EMPLACEMENT DE L’AQUARIUM :

Jamais devant une fenêtre où les rayons du soleil peuvent atteindre l’aquarium. L’eau deviendrait rapidement verte et elle risquerait d’atteindre des températures inacceptables pour les poissons, de plus le contre-jour n’est pas du tout indiqué pour bien admirer les poissons. Vous ne le placerez pas non plus sur un radiateur. Tenez également compte de son poids, le plancher est-il suffisamment résistant ? Ne le placez pas à proximité ou au-dessus d’appareils électriques ( T.V., chaîne hi-fi), ni au-dessus de livres précieux : une fuite est toujours possible. La plupart des contrats d’assurance incendie comportent une clause  » dégâts des eaux  » Ceux causés par un aquarium qui fuit sont généralement couverts, mais il est prudent de se renseigner auprès de la compagnie. Il est indispensable bien sûr de disposer d’une prise de courant à proximité, c’est un plus si elle est raccordée à la terre. Placez votre aquarium à la hauteur des yeux de celui qui le regarde, vous profiterez au maximum de la beauté de vos poissons. La surface de pose doit être horizontale et bien plane, interposez une plaque de frigolite d’environ 15 mm d’épaisseur entre l’aquarium et son support, en s’écrasant elle absorbera les éventuelles inégalités. A partir d’une longueur de 80 cm, il est préférable d’utiliser des bandes de frigolite d’une largeur de 5 cm environ sur tout le pourtour et quelques morceaux dans l’espace intérieur pour que cette frigolite puisse mieux jouer son rôle d’absorption des inégalités éventuelles.

GRANDEUR :

Paradoxal : plus l’aquarium est grand et moins il demandera de soins ! Une capacité de 80 à 100 litres est un minimum pour obtenir un équilibre naturel. On compte, pour les petits poissons, au moins un litre d’eau par centimètre de longueur. Ainsi, dans un aquarium de 100 litres vous pourrez placer 20 poissons de 5 cm de long. N’oubliez pas que le poisson que vous achetez en magasin n’est pas encore adulte, il va encore grandir. Informez-vous de sa taille à l’âge adulte.

ACCESSOIRES :

Il est plus économique d’acheter un aquarium complètement équipé au départ, le type  » monobloc  » est à privilégier.

Si vous optez pour la solution d’équiper vous-même un bac (c’est le mot utilisé par les aquariophiles pour désigner un aquarium) que vous auriez reçu… ou trouvé sur un trottoir lors de l’enlèvement des objets encombrants (ce fut mon cas pour le bac de 2 mètres qui trône dans notre local), un minimum d’accessoires est indispensable :

Un système de filtration : on trouve dans le commerce des filtres de toutes tailles et de tout type. Au club nous fabriquons nous-mêmes des filtres très efficaces que nous nettoyons, osé-je le dire, tous les ans ! Et nos poissons sont en parfaite santé.

Un éclairage, pas toujours facile à trouver car il doit correspondre à la longueur de votre bac, mais (un aquariophile est aussi un bon bricoleur) il peut se fabriquer sans problème. Préférez les tubes TL aux lampes à incandescence. Une minuterie n’est pas un luxe, l’éclairage vous permet de bien admirer vos poissons, mais il est surtout indispensable à la croissance des plantes. Eclairez durant 12 heures par jour, c’est à dire la longueur du jour dans le milieu d’origine des plantes.

Un chauffage, si vous avez opté pour des poissons qui demandent une température supérieure à celle de la pièce. Comptez 1 watt par litre d’eau. Choisissez-le avec thermostat, une fois réglé, vous ne devez plus vous en occuper.

Une aération est parfois nécessaire, surtout si votre aquarium est surpeuplé. Une pompe à air, placée à l’extérieur du bac y enverra de l’air au travers d’un diffuseur. Toujours placer la pompe à air au-dessus du niveau de l’eau ou placer un clapet anti-retour, ceci pour éviter qu’à l’occasion d’une panne, de courant par exemple, le bac ne se vide sur la moquette par simple siphonnage.

Vous devrez constituer un sol c’est-à-dire le substrat ; les magasins spécialisés vous offrent l’embarras du choix, mais évitez ces graviers fluo que les fabricants osent proposer. Rapprochez-vous le plus possible de la nature : un sable de Loire ou du Rhin, grossièrement lavé convient parfaitement, recouvrez-le de gravier bien lavé. Votre sol doit être nutritif pour une bonne croissance des plantes, vous trouverez le nécessaire dans les magasins spécialisés. Pour ma part, j’utilise du compost fabrication maison, n’employez pas le terreau vendu pour la culture, il pourrait contenir des engrais nocifs pour les poissons.

Le décor : le plus simple est la photo, vendue au mètre que l’on place à l’arrière du bac, ce n’est pas le plus esthétique. Vous trouverez des racines et des pierres dans le commerce spécialisé. Méfiez-vous des pierres que vous trouverez dans la nature, toujours bien les nettoyer, éventuellement les placer dans de l’eau portée à ébullition pour tuer les éléments nocifs cachés dans des anfractuosités, de toute façon pas de pierres calcaires, sauf pour certains poissons, ni de coquillages ramassés sur la plage. Pour savoir si une pierre contient du calcaire, il suffit d’y déposer une goutte d’acide chlorhydrique (esprit de sel), si ça mousse, la pierre contient du calcaire. Pour les racines, mêmes réserves que ci-dessus. Certaines plantes et donc leurs racines contiennent des poisons (pensez à l’if). J’utilise des racines de hêtre ou des ceps de vigne, soigneusement nettoyés et, lorsque c’est possible, ébouillantés. Il est également possible de créer un décor avec de la frigolite ou du polyester, mais la technique est trop longue pour être expliquée ici.

Il vous faudra également vous équiper d’un thermomètre, d’épuisettes de différentes grandeurs selon la taille des poissons, d’un tuyau en plastique souple d’environ 2 mètres pour les transvasements, d’au moins un seau de préférence blanc (on y voit mieux les alevins qui auraient été siphonnés) et qui ne servira que pour votre aquarium, d’un appareil aimanté pour le nettoyage des vitres, ne le choisissez pas trop grand.

L’EAU :

Celle du robinet, que vous aurez toujours laissé reposer 24 heures pour permettre au chlore de s’évaporer, convient pour la plupart des poissons, mais certains préfèrent une eau plus douce, Un mélange avec de l’eau de pluie non polluée, recueillie dans de bonnes conditions est parfois indiqué.

LES PLANTES :

Naturelles, pas en plastique ! Elles sont indispensables pour un bon équilibre de votre aquarium : elles produisent de l’oxygène et se nourrissent du CO² et des déchets produits par les poissons. Ici aussi le choix est immense, placez les plus grandes à l’arrière et les petites au premier plan. Certaines plantes demandent beaucoup de lumière (les plantes de couleur bordeaux en général), d’autres préfèrent une lumière tamisée. Renseignez-vous donc au moment du choix.

DERNIERES RECOMMANDATIONS :

Ceci n’est qu’une brève énumération, certes incomplète, mais il me reste à vous préciser quelques remarques importantes :

Après avoir installé un nouvel aquarium avec tout ce qui est décrit ci-dessus et avoir mis tout l’appareillage en fonction, attendez TROIS semaines avant d’y introduire des poissons. Certains produits du commerce permettent de réduire ce temps d’attente.

Lorsque vous achetez des poissons chez un marchand, placez le sac fermé dans l’aquarium pendant une demi-heure pour permettre aux températures de s’équilibrer lentement, ensuite ajoutez 2 à 3 fois un peu d’eau de votre aquarium dans le sac à intervalle d’un quart d’heure environ pour habituer progressivement les nouveaux locataires à l’eau de votre bac. Enfin introduisez vos poissons dans l’aquarium : j’ai dit les poissons, pas l’eau du sac ! Elle pourrait contenir des bactéries pathogènes qu’il vaut mieux envoyer à l’égout.

Lorsque vous nettoierez les mousses de votre filtre, faites-le dans de l’eau prélevée dans l’aquarium, vous éviterez ainsi aux bactéries, qui assurent la filtration biologique, un choc thermique ainsi que celui qui serait causé par une eau différente de celle du bac.

Très régulièrement, l’idéal est chaque semaine, remplacez 10 % de l’eau du bac, par de l’eau neuve qui a la même température. Si vous êtes un peu paresseux, faites le tous les 15 jours, mais alors remplacez 20 %, ou éventuellement 30 % toutes les 3 semaines. Si vous sentez que vous ne pourrez pas respecter ce délai maximum, choisissez-vous un autre hobby !

Un dernier conseil : nourrissez avec parcimonie : tout aliment excédentaire non consommé est une source de pollution.

Michel Vandenbrouck,

Animateur des stages d’aquariophilie organisés durant les vacances de Pâques et d’été dans le cadre des activités parascolaires de la commune d’Uccle.